Jeudi 2 juillet 2026. 23h.
Il y a les noms d’une programmation de festival sur lesquels les yeux restent plus longtemps. Carl Craig en fait partie. Le grand magazine Mixmag l’a qualifié de « figure de proue de la deuxième génération de la Techno de Detroit ». Produisant sa musique depuis la fin des années 1980 aux côtés d’artistes tels que Derrick May ou Kenny Larkin, on sait qu’il possède un sacré CV. Annoncé à Brest en B2B avec Mike Banks (nom de guerre « Mad Mike ») qui est l’un des créateurs du label Underground Resistance (avec Jeff Mills et Robert Hood) : le public devrait pouvoir se précipiter sur les lieux sans avoir à douter un seul instant de l’implication de ces stars dans le concert.
Et pourtant, c’était difficile. Alors OK il s’était mis légèrement à pleuvoir avec la tombée du jour, mais la scène était protégée et le public du jeudi, qui était encore très majoritairement breton, n’en avait absolument rien à foutre. Le principal problème résidait dans le fait que leur musique n’était pas juste « expérimentale », on sentait surtout qu’ils ne l’avaient pas beaucoup « expérimentée » avant de venir la présenter sur scène.
Mike Banks avait de bons riffs de soul dans les doigts, mais soit il ne maîtrisait pas son matériel et son clavier numérique, soit il n’était simplement pas dans le mood. Combien de fois a-t-il involontairement switché de mode en appuyant sur une mauvaise touche, sans même parvenir à revenir à l’ancien ; Ce qui a provoqué jusqu’au malaise de Carl Craig. Qui d’ailleurs aura commencé et aura joué seul la grande majorité du set, avant de finir avec deux tracks mis sur play et Salut…
Musicalement Carl Craig en solo n’était pas mauvais, ses tracks étaient bons et dans sa globalité le concert n’était pas à jeter. C’est juste qu’il n’aura montré que peu d’émotion et de motivation, ce qui a participé à réduire la qualité du spectacle.
La foule aura quand même bien profité et à minuit tout le monde s’est dépêché de reprendre le téléphérique dans l’autre sens, de rentrer et de se reposer pour les 72h à venir. La petite frustration du soir aura bien vite renforcé l’excitation pour ce qui allait venir.
Gaspard Glanz

