Journaliste Reporter d’Images (JRI) en France est en majorité un métier assez ennuyeux, chronophage et peu rémunérateur quand il n’est pas à la limite de la précarité. Jongler entre les piges des différentes chaines télévision est un métier chiant (la neige, la bourse, les inondations, les disparus, la canicule, le Tour de France) … Sauf lorsque l’on tombe sur une agence de production qui respecte ses journalistes et qui a les moyens de faire de l’investigation (un denrée extrêmement rare, faute aussi à une culture de l’information encore en pleine mutation numérique).

 

Afin de répondre à ce problème, nombre de JRI se spécialisent dans des domaines particuliers (faits divers, hard news, documentaires, people, TV mainstream, studio, reportages sur les animaux, spécialités défense, politique ou sociale …), afin de devenir des interlocuteurs privilégiés dans un domaine de compétence bien défini. Ainsi ont-ils plus de chance d’être appelés à couvrir des sujets dont ils possèdent déjà les réseaux et les contacts, et dont ils maîtriseront les usages sur le terrain.

Certains JRI sont spécialisés dans la couverture des évènements sociaux (c’est mon cas et j’en suis même diplômé) comme les manifestations, les actions syndicales, ouvrières ou étudiantes, l’évacuation des squats, les mouvements « underground », qu’ils soient culturels ou politiques. C’est probablement une spécificité Française crée par l’histoire, car nous sommes un pays ou l’expression des revendications sociales est plus visible qu’ailleurs dans le paysage urbain. Forcement ces mêmes JRI se retrouvent à déranger les forces de Police en opération, elles qui préfèrent la discrétion lors de leurs actions musclées. Parfois même ce sont des manifestants qui sont hostiles à leur présence. Et cela ne se passe pas toujours bien ni avec les uns, ni avec les autres.

 

Les risques sont multiples : destruction d’un matériel très couteux, blessures corporelles parfois graves, intoxication chronique aux gaz lacrymogènes, stupides accidents de manifestation comme des chutes, des débris de verre, des rebonds de projectiles, des surdités temporaires … Il arrive même que certains journalistes développent des symptômes du Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT). Entendons-nous bien : il est impossible de comparer le « Journalisme de Guerre » à celui de manifestation, quand bien même celles-ci virent à l’insurrection. Mais certains contextes de tensions, en particulier lors de la présence de blessés graves ou d’un sentiment « d’enfermement » pendant que sa vie est mise danger ; Bien qu’ils soient de beaucoup plus courte durée en manifestation que sur les zones de conflits, peuvent parfois produire les mêmes effets à long terme.

 

On sait qu’en cas d’opération des forces anti-émeutes Françaises, la Police retarde le passage des secours (pompiers ou ambulances) appelés par les manifestants. C’est un fait qui a été observé par nos équipes à de nombreuses reprises dans tout le pays et qui est rapporté par des nombreux témoignages. Il est donc nécessaire de s’assurer d’abord de ne pas être blessé, et ensuite d’avoir à sa disposition le minimum d’équipement de secours visant à éviter d’aggraver ses blessures, en attendant de pouvoir consulter une équipe médicale. Ce qui parfois prend du temps.

Les manifestants ont largement recours aux « Medical Teams » pour pallier à ce problème, mais aussi pour éviter d’être arrêtés à la sortie de l’Hôpital (ce qui est également un fait acquis). Malheureusement ces équipes ne sont pas composées d’assez de membres, leur équipements est souvent insuffisant, leur formation fait parfois défaut et ils sont des cibles comme les autres manifestants. Le pire c’est qu’en cas de violences durant plusieurs heures, ils sont quasi systématiquement débordés par l’afflux de blessés. Il est donc plus que nécessaire de disposer de son propre équipement de secours, selon les usages de chacun, et du degrés de dangerosité de l’évènement à couvrir.

 

Il est aussi utile de connaitre les doctrines et les procédures d’actions, ainsi que les armements de l’une et de l’autre des parties en présence. Pour ce faire on ne peut que conseiller la lecture des rapports de l’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN) et de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) publiés suite à la mort de Rémi Fraisse à Sivens.

 

En ce qui concerne les manifestants, cela dépend beaucoup du type d’action et des acteurs concernés. On constate la diffusion de la part des « Legal Teams » de « manuels de garde à vue » ou autres « conseils juridiques en cas d’arrestations en manifestation ». Ceux-ci se diffusent largement depuis le « Contre-Sommet de l’Otan à Strasbourg » en avril 2009, lorsque des militants anti-capitalistes de plusieurs pays ont partagés leurs connaissances et leurs méthodes d’actions sur le terrain. La présence de Legal Teams et de Medical Team sur le terrain est souvent un signe d’anticipation d’affrontements entre manifestants et forces anti-émeutes.

 

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Justin, journaliste indépendant obligé d’effacer ses images par la Police (21/02/2014, Nantes)

 

CHAPITRE 1 : Tout citoyen a le droit de filmer et de diffuser des images de la Police

 

Il faut savoir qu’il est parfaitement légal de filmer les forces de l’ordre en tant que citoyen et pas seulement en tant que journaliste (c’est donc bien un droit valable pour tous, carte de presse ou pas). La jurisprudence en la matière est parfaitement claire, elle date de 2006 et elle a été confirmée en 2008 par le Directeur Général de la Police Nationale, le « DGPN » (Direction de la Police Nationale n°2008_8433_0 du 23 décembre 2008, à l’intention du Ministère de l’Intérieur et des Préfets).

La formule est même encadrée et écrire en gras : « Les policiers ne bénéficient pas de protection particulière en matière de droit à l’image, hormis lorsqu’ils sont affectés dans les services d’intervention, de lutte anti-terroriste et de contre-espionnage spécifiquement énumérés dans un arrêté ministériel [comme le GIGN, le GIPN, la BRI …] et hormis les cas de publications d’une diffamation ou d’une injure à raison de leurs fonction ou de leur qualité. ». À la ligne, « La liberté d’information, qu’elle soit le fait de la presse ou d’un simple particulier, prime le droit au respect de l’image ou de la vie privée dès lors que cette liberté n’est pas dévoyée par une atteinte à la dignité de la personne ou au secret de l’enquête ou de l’instruction ».

Le plus intéressant se trouve ici (encore en gras dans le texte) : « Les policiers ne peuvent donc s’opposer à l’enregistrement de leur image lorsqu’ils effectuent une mission. Il est exclu d’interpeller pour cette raison la personne effectuant l’enregistrement, de lui retirer son matériel ou de détruire l’enregistrement ou son support. Ils ne peuvent par ailleurs s’opposer à l’éventuelle diffusion de cet enregistrement que dans certaines circonstances particulières : une telle action exposerait son auteur à des poursuites disciplinaires et judiciaires ». La précision tient en une phrase : « La publication ou la diffusion des images et des sons peut être réalisée par tout moyen et être le fait tant de la presse que d’un particulier. »

 

Voici les seules exceptions à cette règle : « Outre l’article 226-1 du code pénal déjà cité, il s’agit de certaines dispositions protégeants l’image de personnes qui pourraient être représentées de manière attentatoire à leur intégrité :

– victimes d’un crime ou d’un délit ;

– « personne identifiée ou identifiable mise en cause à l’occasion d’une procédure pénale mais n’ayant pas fait l’objet d’un jugement de condamnation », lorsque l’image fait apparaitre, « soit que cette personne porte des menottes ou entraves, soit qu’elle est placée en détention provisoire » (article 35 ter de la loi du 29/07/1881 sur la liberté de la presse) ».

Autre précision, et elle est d’importance : « Bien qu’il n’existe aucune contrainte légale en la matière, les policiers peuvent indiquer aux individus qui prennent leur image de rendre, au moyen de procédés techniques de type « floutage », leur visage non reconnaissable avant diffusion […] ».

Enfin : « Les policiers appartenant aux services d’intervention, de lutte anti-terroriste et de contre-espionnage limitativement énumérés dans l’arrêté du 27 juin 2008 relatif au respect de l’anonymat de certains fonctionnaires de police bénéficient de la garantie de leur anonymat, en application de l’article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881. » Le Directeur Général de la Police Nationale (DGPN) termine la note par ces mots : « Je tiens à ce que toute infraction fasse l’objet de poursuites », ainsi que « en tout état de cause, tout enregistrement connu d’images ou de paroles de fonctionnaires de police dans l’exercice, au sujet de l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions devra faire dès que possible l’objet d’une information de leur hiérarchie ».

 

Vous avez donc parfaitement le droit de filmer des forces de police en opération à condition de respecter ces règles simples, qui pour la plupart ne concernent jamais les forces anti-émeutes. On y croise en effet rarement le GIGN, la BRI ou les services de contre-espionnage.

 

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CHAPITRE 2 : L’équipement de protection corporelle

 

Le casque :

C’est l’élément le plus important en manifestation : la quasi-totalité des projectiles tombent du ciel (pavés, fusées, palets de grenades lacrymogènes, grenades assourdissantes, cocktails molotovs …) et nécessitent de se protéger autant des chocs que des risques d’inflammation. Cela va du casque de « skate » ou de « snowboarder », au casque parre-balles en kevlar, en passant par le casque de moto (selon les usages). Il est conseillé de mettre un bonnet en dessous du casque, pour amortir davantage les chocs avec des pierres.

 

LES pantalons :

Le meilleur et probablement le seul moyen de se protéger (à minima) des éclats plastifiés et métalliques accompagnant les explosions de grenades assourdissantes et désencerclantes, c’est la présence de deux pantalons épais. Les éclats auront assez d’énergie pour traverser le premier mais pas le deuxième, ce qui provoquera des « blessures d’impact » mais moins de « perforations sous-cutanés ». Préférez des pantalons larges pour ne pas entraver votre mobilité.

 

Les chaussures :

Il faut trouver un équilibre subtil entre protection, poids et vitesse de déplacement ; Soit un ersatz entre une paire de Rangers et une de Nike Air … L’idéal est de disposer de chaussures de sport en cuir, seul matériau capable de réduire les pénétrations d’éclats et les fractures provoqués par les impacts de Flashballs ou de LBD. Mais il faut pouvoir courir vite et porter une charge de plusieurs kilos avec ces chaussures aux pieds.

 

Le visage :

Malgré le masque à gaz (ou « anti-solvant » pour une protection de 80%), la paire de lunettes de ski ou de snowboard (beaucoup mieux que les lunettes de plongée en matière de champ de vision), l’écharpe pour protéger le cou : le visage reste la zone la plus exposée du corps.

Le dos étant protégé par le sac et la face avant par plusieurs couches de vêtements, le visage reste la zone la moins bien protégée et la plus sensible, principalement atteinte par des projectiles de type Flashball, LBD, ou des coups de matraques. Il n’y a aucun autre conseil à donner en la matière que : évitez de vous retrouver dans ces situations. Et si c’est malheureusement le cas, retournez-vous pour que les coups frappent votre sac, votre casque ou vos jambes, plutôt que votre visage ou vos mains.

 

– Le sac :

Le sac d’équipement possède une triple fonction : c’est le support du matériel de tournage, un bouclier de protection contre les projections venant de l’arrière et une micro base de vie. Il doit être confortable mais ferme, afin de bien protéger le matériel contre d’éventuels chocs importants, des chutes ou des bousculades. Il doit être « water-proof » dans la mesure du possible, ou du moins capable de rester sec à l’intérieur par tous les temps.

Le sac d’équipement est une micro base de vie qui contient le matériel de tournage (caméras, appareils photos, batteries, adaptateurs, pieds, câbles, systèmes de transmission des données …), la trousse de secours, les vivres (eau et nourriture hyper-glucidique comme des barres de céréales ou du lait concentré), les équipements de protection lorsqu’ils ne sont pas utilisés, ainsi que les équipements météo (couverture plastique anti-pluie, coques étanches, gants, lunettes de soleil …). Il faut prendre garde à ne pas trop surcharger son dos en cas d’évènements long de plusieurs kilomètres, présentant un dénivelé important ou s’étalant sur de longues heures à plusieurs jours.

 

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Tireur de flashball visant notre journaliste à la manifestation de Nantes. Et ce n’est pas la première fois qu’ils tirent

 

 

CHAPITRE 3 : La trousse de secours

 

Les indispensables :

Le minimum à transporter pour parer aux situations les plus graves (en attendant de pouvoir se rendre à l’hôpital ou chez un médecin), c’est le désinfectant (le plus efficace étant la Bétadine, mais attention car il existe des personnes allergiques), les bandages et les compresses, ainsi que les fioles de « lavage ophtalmique ». À ne pas confondre avec le « sérum physiologique » qui est beaucoup moins efficace contre les gaz. L’idéal étant le lavage ophtalmique contenant de « l’acide borique ou Borax ».

L’intégralité de ces composants sont en vente libre dans toutes les pharmacies.

 

Les options :

Lorsqu’un Flashball ou un LBD sont utilisés, la plupart des blessures sont des hématomes ou des blessures ouvertes. Pour le premier cas l’idéal est de disposer d’une mini « bombe refroidissante-crépitante à l’arnica » à appliquer immédiatement et abondamment sur la zone d’impact. Cela ralentira la progression de l’hémorragie sous-cutanée et atténuera momentanément la douleur.

Pour les blessures ouvertes, il est préférable de disposer de « sterilstrips » afin de renforcer les compresses pour refermer des plaies qui doivent plus tard être soignées par des points de suture. Il faut enfin disposer d’une certaine quantité de compresses pour éventuellement éponger du sang.

Lors de l’explosion des grenades assourdissantes ou désencerclantes à coutre distance, de micro-fragments de plastique et de métal chauffés à haute température, disposant d’une forte énergie cinétique, sont capable de pénétrer la peau et les organes internes des zones mal protégées du corps humain.

Bien que ce genre d’opérations soient hautement déconseillée sur des terrains non-stériles, il est parfois nécessaire de disposer d’une pince à épiler pour aller chercher les fragments sous-cutanés dans les minutes, après une désinfection locale à la Bétadine. Le problème étant qu’attendre plusieurs heures pour faire cela risque de compliquer l’opération, car la cicatrisation des plaies est alors souvent déjà effective en surface.

 

Les options « hardcore » :

Pour les évènements les plus « chauds » et potentiellement durables (ou simplement éloignés des services de santé), il est conseillé de disposer de médicaments d’urgence dans sa trousse à pharmacie. Dans l’ordre de priorité : anti-douleurs, anti-inflammatoires, anti-biotiques, antidotes, molécules servant à la prévention des dommages corporels et produits dopants.

Antidouleurs : Paracétamol (Pallier 1), Codéine + Paracétamol (Pallier 2), Morphine + Caféine + Paracetamol (Pallier 3)

Anti-Inflammatoires : Ibuprofène (traitement « superficiel » pour les blessures aux muscles et aux ligaments), Kétoprofène (traitement « profond » pour les blessures aux os et/ou aux nerfs). À n’utiliser qu’en post-traitement car prendre des anti-inflammatoires en « préventif » ou suite à des blessures non cicatrisées augmente la fluidité du sang, et donc le temps de cicatrisation et le risque d’hémorragie.

Antibiotiques : À large spectre, principalement de l’Amoxiciline (traitement de sept jours : uniquement pour les risques de surinfections. Exemple : retraits de fragments sous-cutanés dans une zone non-stérile). Attention aux personnes allergiques.

Antidotes : Diazepam (empêche le « bronchospasme » provoqué par les gaz lacrymogènes), Ventoline (empêche les symptômes « d’asthme à l’effort » provoqué par les gaz lacrymogènes), Pastilles de traitement de l’eau (pour les déplacements de plusieurs jours dans des endroits ou boire l’eau d’un ruisseau s’avère nécessaire).

Prévention des dommages corporels : Oméprazole ou Ésoméprazole (protection des voies gastriques contre un abaissement du PH suite à l’absorption de particules de gaz lacrymogène), huile essentielle d’Arbre à Thé « Tea Tree » (protection des voies respiratoires supérieures et dans une moindre mesure des yeux contre les effets des gaz lacrymogènes, par assèchement préalable des muqueuses), Desloratadine ou Cétrizine (anti-allergiques « antihistaminiques » réduisant les symptômes irritants provoqués par contact avec des substances lacrymogènes).

Produits dopants : Dans les cas extrêmes durant plus longtemps que prévu et nécessitant une vigilance particulière dans un contexte « chaud », particulièrement lorsque la nuit se met à tomber après plusieurs heures d’affrontements, il peut-être nécessaire de recourir à des « produits améliorant momentanément l’endurance et la vigilance ».

 

Certains sont en vente libre comme la Caféine, la Pseudoéphédrine (utilisée contre le rhume), et d’autres … Ces produits permettent de supprimer les sensations de fatigue, de faim et de froid, mais leur consommation nécessitent de disposer d’une bonne réserve d’eau pour éviter la déshydratation qu’ils provoquent. Ainsi que d’une période de récupération équivalente au triple du temps passé sous leur influence.

 

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CHAPITRE 4 : Remarques générales

 

– Prévention des blessures graves :

C’est connu depuis la seconde guerre mondiale : il est déconseillé de manger dans les cinq à six heures précédent un risque de blessures au ventre. Cela évite au système digestif d’être en activité, gorgé de sang. Une simple tranche de biscotte suffit à provoquer ce phénomène. L’idéal étant de manger vers 10h du matin lorsqu’une manifestation a des risques de dégénérer vers 16h. Enfin, pour pallier au manque de nutriments pendant cette période, il est préférable de bien se nourrir (en quantité) dans les jours précédent celle-ci, et de manger diversifié (fruits, légumes verts, sucres lents, protéines, lipides …).

 

– Toujours avoir les yeux ouverts :

Les projectiles arrivent du dessus, de devant mais aussi de derrière, les manifestants ne sont pas tous de bons tireurs et tous les policiers armés ne respectent pas les procédures légales de tirs (lancements tendus de grenades lacrymogènes et impacts de Flashballs/LBD dans les visages). Il peut arriver de se prendre des « palets lacrymogènes » lancés par les manifestants vers les forces de l’ordre, des « rebonds » de flashballs sur le mobilier urbain, des bouteilles de bières (surtout en Bretagne), des pavés lancés pas assez fort, etc … Observer les trajectoires des projectiles avant de se « mettre en protection » reste la meilleure des stratégie, encore faut-il les voir venir. Constat identique pour l’observation de la foule ou des forces de l’ordre : c’est encore la seule manière d’anticiper des changements brusques dans leurs attitudes (comme la mise à feu de grenades, le lancement d’une charge ou l’allumage d’un canon à eau).

 

– Savoir reconnaitre les bruits :

Le tir d’une munition depuis un lanceur « Cougar », l’explosion en altitude d’une grenade lacrymogène libérant des « palets au gaz CS », les tirs de « FlashBall SuperPro » ou de « Lanceurs de balles de défense (LBD) » provoquent des sons particuliers et facilement reconnaissables. Les précieuses secondes qui séparent ces bruits de l’arrivée des projectiles permet d’en connaitre la position et la nature, afin d’adapter sa protection au dernier moment. Cela reste plus compliqué pour les grenades lancés à la main et particulièrement les grenades de désencerclement, qui n’ont qu’une seconde et demi de mèche, contre 2 à 3 seconde pour les grenades assourdissantes ou lacrymogènes. Le temps de réaction parfois très court nécessite donc une vigilance visuelle et auditive permanente.

 

– Identification

Certains Journalistes Reporters d’Images (JRI) et plus généralement un certain nombre de journalistes ne disposent pas d’une carte de presse. Cela ne vous empêche pas de vous signaler sur votre casque (à l’avant, à l’arrière, et sur le dessus pour les hélicoptères) d’un sigle « TV », ainsi que sur votre sac avec un sigle « PRESSE ». Cela vaut identification pour les Policiers comme pour les manifestants.

 

Faites gaffe à vous.

Gaspard Glanz