xHe3x_t5Hso

 

La situation du commerce sexuel à Strasbourg est particulière, comme dans d’autres villes frontalières de pays qui possèdent des législations opposées. Le proxénétisme est interdit en France mais des maisons closes existent en Allemagne, ce qui n’empêche pas des dizaines de filles exploitées d’être laissées sur les trottoirs de l’Eurométropole, chaque jour et chaque nuit de l’année.


Dans les maisons closes de Saarbrück ou d’autres villes allemandes situées dans le land du Bade-Wurtemberg ou de la Saxe, les tenanciers des maisons closes reconnaissent eux-mêmes que 80% de leur clientèle est française. On aurait pu croire que cela allait déplacer la prostitution de l’autre coté de la frontière, mais il n’en est rien. C’est même l’inverse, l’Allemagne sert de base-arrière au système prostitutionnel mis en place à Strasbourg.

Le phénomène n’est pas nouveau dans l’agglomération. Les prostituées opèrent sous les mêmes abris-bus, dans les mêmes quartiers et sur les mêmes trottoirs depuis des décennies, malgré une mobilisation des habitants comme ceux du quai des Alpes, qui avaient bloqué la route en 2010 pour manifester contre « les nuisances engendrées par la prostitution » dans leur quartier.

image

Carte des lieux de prostitution à Strasbourg


Un trafic d’êtres humains qui persiste dans l’indifférence générale

Le « triangle d’or » de la prostitution dans la capitale alsacienne va des quais du parc de la Citadelle au quartier de la Gare, en passant par la zone industrielle de la Plaine des Bouchers et le parc du Heyritz. En journée, les zones portuaires sud et nord du Port du Rhin et du Port aux Pétroles restent actives. Autant dire que la libéralisation des maisons closes en Allemagne depuis 2002, en plus de n’être pas parvenue à améliorer les conditions des prostituées allemandes, est loin d’avoir eu un impact significatif dans les rues de Strasbourg.

Nous avons parcouru les hauts lieux de la prostitution de la ville à deux semaines d’écart les jeudis et vendredis soir de la fin du mois d’août, entre 23h et 3h du matin. Le premier soir et sur un parcours allant du parc de la Citadelle au lycée Pasteur, puis vers la plaine des Bouchers par la rue du Doubs : nous avons comptabilisé 43 prostituées. Certaines ne dépassaient pas la vingtaine d’années.

… LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE SUR RUE89STRASBOURG