Pour certains s’afficher en première page d’un site « Soralien », « Dieudoniste », « Quenélien », ou autres conspirationnistes-révisionistes-antisémites du même acabit, c’est une gloire. Une vraie consécration pour les « quenelles glissées » en direct à la TV ou sur les photos de presse. Mais pour nous, c’est une honte. Une intoxication alimentaire. Ça démontre que l’on a pas fini notre travail, qu’il manque quelque chose à notre contenu, une faille qui permette aux propagandistes du bras levé de se saisir d’une occasion pour faire parler d’eux.

 

La faille utilisée l’est toujours selon le même protocole chez les “conspis” (et c’est lassant) : se servir d’une lacune, d’un manque de précision dans l’information pour créer une vérité à usage unique (et opportuniste). Mais de quoi parles-t-on ici ? D’une tentative de faire passer deux jeunes provocateurs néo-nazis en mission d’infiltration dans une manifestation contre Monsanto à Strasbourg, pour les victimes du NPA et des « Antifascistes » ; Ceux qui les ont éjectés du cortège (ou plutôt qui ont forcés la Police à le faire en les encerclants), avec bien plus de douceur que le DPS face aux militants politiques venus faire de la provocation dans les évènements du Front National.

 

Que manquait-il dans notre reportage ? La première séquence de l’histoire. Celle qui a eu lieu 500m en amont de la manifestation et à laquelle nous n’avions pas assisté. Par chance cette séquence a été filmée par un blog, « La feuille de Chou » :

 

Les deux militants n’avaient pas l’air d’être autant « pour l’apaisement » qu’ils le revendiquerons devant notre caméra quelques minutes plus tard ; Mais dans le fond il ne s’agit pas de cela. Ces messieurs se revendiquent du « Cercle Proudhon » tout en déniant le fait d’être « des nazis » … Alors la première chose que l’on pense à faire, c’est aller jeter un oeil à la fiche Wikipédia. Les choses y sont plutôt clairement expliquées : « Le Cercle Proudhon est un groupe de réflexion issu du mouvement nationaliste et monarchiste (l’Action Française présidée par Charles Maurras). L’ambition était de « convertir des syndicalistes à la monarchie ». La première réunion se tient le 17 novembre 1911. Cette expérience éphémère fut d’après l’historien Géraud Poumarède, un « échec patent ». »

 

L’Action Française ? Parlons-en : on les a déjà filmés en plein délire néo-nazi avec le « Parti de France » contre les migrants de Calais, on en a déjà parlé lors de notre récente interview du Collectif Antifasciste Rennais suite à l’affaire du squat de la rue de Châtillon à Rennes … Ce ne sont pas les derniers à faire des saluts hitlériens lors de leurs évènements et à arborer les couleurs et les grigris du national socialisme avec fierté et provocation. Comme ce tee-shirt représentant le « Cercle Proudhon » porté par les deux militants à Strasbourg :

 

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Ce logo est directement inspiré du « National Syndicalisme » et de l’initiative des « Frères Strasser », Otto Johann Maximilian Strasser (qui pour le coup était un vrai nazi) et son frère Gregor Strasser assassiné à Berlin en 1934 alors qu’il était un des leaders du NSDAP (le « Parti National-Socialiste des travailleurs allemands ») aux cotés d’un certain Adolf. C’est de ces deux frères (considérés comme représentants de « l’aile gauche du parti nazi ») qu’était née l’idée que le nazisme devait se baser sur le mouvement ouvrier (en écrasant les syndicats existants par la force), et se revendiquer « de gauche » pour parvenir à conquérir le peuple Allemand.

 

Grâce aux merveilleuses idées des frères Strasser, « Nazi » est une abréviation de « National Socialisme ». D’où la présence de l’épée et de la faucille (parfois le marteau, c’est au choix) dans les mains de l’aigle du « Cercle Proudhon ».

 

Quant à l’aigle lui-même mais surtout au slogan « Restez calme et pensez aigle » qui l’accompagne, inutile d’insister pour comprendre à quoi il fait référence …

 

Gaspard Glanz